Hypo, la conversation #archive

décomplexe d’infériorité

 

S’il s’appelle Hypo, c’est en réaction au préfixe hyper. A la brasserie Lafayette, il se prénomme Anthony, il boit de la Carolus, il vient de Dreux, une ville qu’il qualifie lui-même de tristement célèbre, et il est parisien depuis près de vingt ans. il a été gothique, comme on peut le constater lorsque l’on fouille dans son profil Facebook, et c’est avant tout un musicien prolifique, bricoleur et participatif.

 

*Comment tu as commencé à faire de la musique ?

Je suis venu à la musique en jouant dans des groupes gothiques, à Dreux, j’étais bassiste, et j’avais le look ! Je n’étais pas forcément épanoui en groupe, on avait des morceaux à nous, et on jonglait avec des reprises de The Cure, Bauhaus… Le seul intérêt de la chose, c’est qu’il y avait beaucoup de matériel, dont un quatre-pistes, des pédales d’effets, et je pouvais m’en servir. Et au début des années 90, j’ai commencé à faire de la musique de mon côté. Quand je suis arrivé à Paris, ça s’est arrêté, ces histoires de groupes, et je me suis acheté un ordinateur pour continuer à faire de la musique…

*Quel genre de musique tu faisais tout seul ?

La musique que je faisais en parallèle de mes groupes gothiques, je l’ai mise en ligne il n’y a pas très longtemps sur Bandcamp, 91-97 early works, c’est très low-fi quatre-pistes, bricolage, bande à l’envers…

*Tu jouais du Cure en groupe, et tu fais de la musique très électronique, c’est étonnant…

Quand je dis « gothique », ça ne nous empêchait pas d’écouter beaucoup de choses différentes, et puis dans la new wave, il y a pas mal de gens qui ont essayé des choses. On n’était pas complètement déconnectés de la réalité, on écoutait beaucoup de pop de l’époque, ça date, j’avais découvert les Sugarcubes, les Pixies, des groupes relativement aventureux dans leur style ; ça n’est pas complètement incompatible d’essayer des choses et d’être dans un style plus marqué en groupe…

*Tu fais du sound design, quelle est la différence avec ton travail personnel ?

J’essaie de vivre de ça, car je ne vivrai pas de ma musique…

*Je trouve ça parfois difficile de faire la différence…

Il faut la faire, la différence, ça m’est déjà arrivé qu’on me demande un morceau de Hypo pour un truc, je veux bien, il n’y a pas de souci, du moment qu’on me paie, mais ça dépend pour quoi. J’ai envie de pouvoir dire « oui » ou « non »… Je sais à quoi tu penses ! (Rire.) à qui tu penses ! J’aurais refusé car je suis végétarien…

*Je n’ai rien dit ! [Cf ICI.]

J’ai vu ta tête ! On ne m’appelle pas parce que je suis Hypo, on m’appelle parce que je sais bricoler les sons, parce qu’un gars a dit que je le faisais pas trop mal… On n’attend pas de moi que je fasse quelque chose d’original. J’assume de faire du sound design, mais ce n’est lié à mon projet artistique. J’assume, donc je mets cette musique sur mon site, mais ce sont deux liens différents… Il y a forcément des incidences, il y a un côté pervers, quand tu as le nez dans le guidon à faire de la musique de commande, parce qu’on te l’a demandée, c’est très très difficile d’avoir un vrai recul, de ne pas te faire polluer, corrompre dans ton approche de ton travail, ton vrai travail, artistique. Il faut vraiment être constamment vigilant…

*Comment on reste vigilant ?

Je ne sais pas comment on reste vigilant, mais quand, à des moments, tu n’es pas sûr de ce que tu fais, il faut peut-être se mettre sur pause. Et essayer soit de prendre des avis, plusieurs, et de faire le tri, soit de te poser toi-même des questions : ce que tu es en train de foutre, est-ce que ça a un sens, qu’est-ce que ça apporte par rapport à ce que tu as fait avant, à ce que tu entends autour de toi ? Et j’aurais tendance à te dire qu’il y a quinze ans, et même avant, je pensais que l’important, c’était de produire, j’étais fasciné par les groupes qui pondaient un album par an et je trouvais ça important d’avoir une dynamique constante.

J’aimerais bien l’avoir, mais je me dis que si je ne peux pas, il vaut mieux que je ferme ma gueule, plutôt que de sortir un truc dont je ne serais pas fier. Le but, c’est peut-être de parler moins et de parler mieux, mais je dis ça sans en être sûr, parce que j’ai aussi en tête que ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. J’ai aussi envie de défendre cette idée ; en même temps, on est soûlé de surinformation visuelle et sonore, il y a de la musique pour tout et ça ne vaut plus rien, et quand tu sors un disque, tu signes des contrats où il est stipulé que ça va devenir des sonneries de téléphone… Pff…

*Pour revenir au sound design, tu n’aurais pas fait de la musique pour une pub McDo ?

Ben non, enfin, simplement parce que je suis végétarien.

 

*Ce n’est pas simple, tu mets au même niveau des croyances alimentaires et une œuvre artistique !

Ah bah oui ! J’ai fait la musique du défilé d’un créateur de vêtements qui avait des trucs en fourrure, ça m’a vraiment fait chier. Je ne porte même pas de cuir, je suis vraiment un intégriste, donc ça m’a vraiment fait chier, et je me suis même demandé si j’allais le faire. Un truc plus clairement en contradiction avec mon mode de vie, ça me fera chier, même s’il y a beaucoup d’argent en jeu…

*Concernant ta musique, tu sembles collaborer en permanence, pourquoi ?

Car je ne sais rien faire tout seul… Je suis devenu fainéant rapidement, et surtout je suis très limité car je n’ai aucun bagage de musicien. Je ne connais pas le solfège, j’ai joué de la basse quand j’étais jeune, mais je n’ai jamais été en rythme, j’ai une carte son sur laquelle on ne peut rien brancher, donc je suis en autarcie avec mes samples et mes machins, or j’aime bien faire des chansons bizarres, et j’aime bien avoir du dialogue musical avec les gens.

Mais je ne supporte pas d’être à deux devant un ordi pour essayer de faire quelque chose. Je ne travaille pas en direct, mais en échange de pistes. Je ne peux pas pondre ce qu’il y a sur mon album tout seul, j’ai besoin de gens, et ce sont des gens que j’ai contactés parce que j’aime leur travail, et c’est souvent des gens qui n’ont pas besoin de moi, c’est moi qui ai besoin d’eux, donc je le garde en tête.

*Tu sais ce que tu attends d’eux ? Tu leur demandes des chansons spéciales par exemple ?

Je ne dirige absolument pas les chants ni les paroles. Je ne sais jamais ce que chantent les gens sur mes disques, il y a du japonais, du portugais, de l’anglais, je capte des trucs, mais globalement je m’en fous, ils font leur ligne de chant, il y a ensuite des gens qui ajoutent des claviers ou une ligne de basse.

*Il y a beaucoup de japonais sur ton nouveau disque, tu as une fascination pour le Japon…

J’aime beaucoup, mais ce n’est pas une fascination. J’aime bien le débit et la sonorité du japonais, j’ai toujours eu un rapport au langage très pipi-caca, et il y a ça qui marche très bien dans le japonais, beaucoup de voyelles, des onomatopées, j’aime les phonèmes basiques, les respirations, quand les gens reprennent leur souffle avant de chanter, j’essaie de les amplifier, ou alors de les laisser seules, d’enlever le chant pour ne laisser que ça… En un sens, de faire ressortir tout ce qui est corporel de la voix, dans la voix, je n’aime pas les plaintes…

*Tu précisais aussi que tu appréciais de bosser avec des gens motivés…

Oui, et heureusement qu’on me fait confiance, et c’est pas gagné. Parfois je contacte des gens que je ne connais pas, des gens qui ont arrêté la musique depuis quinze ans par exemple… Sur mon album, il y a un mec en particulier qui fait partie d’un groupe indie qui s’appelle Insides, un groupe peu connu du label 4AD, qui a sorti un album en 1993, et qui s’est arrêté, pour revenir en 2000. Ils sont dans leur truc, avec des fans très présents qui disent qu’ils sont géniaux. Le mec, tu lui écris, tu lui proposes de jouer de la guitare, il te dit « oui », il est content, et toi aussi tu es content, car tu as ce putain de guitariste de ce putain de groupe que tu aimes depuis toujours ! Il est OK pour jouer sur ta musique, c’est des gens qui ne sont pas à fond dans le rendement ni dans la production à tout va. Il y a des gens qui sont très actifs, et d’un certain âge, un mec comme Carl Stone. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup, il vient de la musique contemporaine, il a une cinquantaine d’années, c’est un Américain qui habite au Japon, il est très actif, et a priori pas complètement lié à mon style de musique. On s’est rencontrés quand on a fait une tournée au Japon, ça faisait un moment qu’on voulait faire de la musique ensemble. Il y a aussi Warren Defever, du groupe His Name is Alive, un groupe peu connu qui a clairement inventé plein de musiques qu’on entend actuellement, ils existent depuis 1985, et ils ont inventé Animal Collective en 1990. Je pense qu’ils sont arrivés un peu trop tôt, ils continuent, mais ils sont sous-estimés, et ce sont des gens que j’aime beaucoup. Il y a un Australien qui a 19 ans, qui s’appelle Yama Boy, et mes amis de la scène locale. Bref, ce sont des gens que je ne suis pas allé chercher au hasard.
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*Tu as un rapport très affectif à la musique… Ce n’est pas un défaut ?

Oui… Affectif, mais pas seulement… Qu’est-ce que tu veux dire ?

*Tu parles de collaborations, d’amis, et il y a un côté nostalgie…

Bon, pour ce disque-là, il y a peut-être un truc un peu comme ça, mais ce n’est pas que de la nostalgie, c’est une ouverture. Parmi mes amis, il y a Kumisolo. Elle a son petit buzz en ce moment, et elle le mérite, et du coup je ne l’ai pas invitée pour qu’elle chante, mais pour qu’elle joue de la trompette, parce qu’elle ne joue pas très bien de la trompette. J’avais vraiment envie qu’elle vienne jouer très mal de la trompette, et d’ailleurs je lui avais filé un morceau pour qu’elle joue maladroitement de la trompette, et j’ai trouvé ça tellement bien, sa trompette, que j’ai viré le morceau et laissé la trompette ! Je n’ai rien fait sur le morceau, à part proposer un instru, puis l’enlever. J’essaie qu’il se passe des trucs, vraiment, c’est ça qui m’intéresse. Je te parlais du guitariste de Insides, je lui ai envoyé des instrus, il a joué dessus, et finalement j’ai mis ses guitares sur d’autres morceaux, ce sont des trucs comme ça qui arrivent, j’essaie de structurer les choses quand même…

*Idéalement, tu tends à quoi dans la musique…

J’adore les accidents, c’est la même chose que j’essaie de provoquer dans l’atelier avec les enfants. Il se passe des choses que l’on ne maîtrise pas et on se dit que c’était bien, on ne pourra jamais le refaire, mais on va en refaire d’autres, et ça, j’aime vraiment bien. J’ai toujours bossé comme ça, et j’ai aussi fait des erreurs de choix, j’ai demandé à JB [dDamage – ndlr] de participer à des morceaux, et j’ai mis quatre ans à les sortir car je n’étais pas content de ce qu’il avait fait, et d’un seul coup je me suis dit que c’était hyper bien, et j’étais dégoûté de ne pas l’avoir mis sur tel album… JB était dégoûté aussi, il avait fait de super morceaux, et je lui disais que ça n’allait pas…

*Qu’est-ce que tu aimes comme musique aujourd’hui ?

Pas grand-chose ! J’essaie d’acheter des disques et j’écoute beaucoup de musique, mais je n’ai pas eu de claque équivalente au moment où j’ai découvert le hip-hop anglais dans les années 2000…

*Pourquoi le hip-hop anglais ?!

Parce que les mecs ont apporté un truc qui m’a fait vachement de bien ; les gens comme Roll Deep, qui a un côté foutraque, on prend n’importe quoi, on rappe par-dessus. J’ai aimé cette énergie et cette liberté que la musique avait perdues de manière générale, ce truc de « on n’en a rien à foutre », et les choses radicales qui sont arrivées avec ça, comme le premier Dizzee Rascal, c’est en ligne droite, c’est une espèce de truc désagréable à entendre, qui matraque, et ça, j’aimais vraiment bien.

 

*C’est difficile à appréhender, ce moment où tu écoutes et où tu te demandes si c’est bien ?

Bien sûr. Tu es content parce que tu es enthousiaste sur un nouveau disque, mais plus tu avances, plus tu sais de quoi tu es fait, tu connais tes cordes sensibles, et quand tu as un truc qui te parle, est-ce que ça n’est pas juste parce que ça fait vibrer ta radio nostalgie ? Donc c’est difficile…

*Dans le processus créatif, ça doit être difficile à définir, ce moment où c’est une référence, où c’est innovant et bien…

Quand c’est de la pure copie, ça se voit, et j’ai l’impression que ça ne me parle pas. Quand ça me parle, c’est que des gens ont réussi à réactualiser des choses, à les remettre dans un contexte actuel. Gang Gang Dance, c’est l’exemple typique. J’aime beaucoup le premier album, il y a un son que je n’avais jamais entendu, ils doivent avoir un studio à 10 000 dollars, ils ont réussi à faire sonner la batterie comme du carton, la guitare et la basse, tu n’arrives pas à faire la différence, et sur le deuxième album, le son est super clean, il y a un rappeur qui vient faire du grime, il y a des morceaux, c’est carrément de la soupe FM dégueulasse. Il y a ce truc qui est présent dans la musique en ce moment, c’est « tout est bon dans le cochon ». Il y a des albums entiers avec le morceau comme ci, le morceau comme ça… à la fois c’est plutôt sain, il y a un côté « on peut tout se permettre ».

*Ça n’a pas toujours existé ?

Non, je ne crois pas, on est dans une époque très compilatoire, et tout s’est accéléré au niveau de la production, de l’accès à la musique. Quand j’étais adolescent, à Dreux, il n’y avait pas Internet, il n’y avait pas de disquaires, et je n’avais pas de grand frère, c’était difficile de découvrir des trucs… Gothique, c’est ce qui pouvait m’arriver de mieux du coup ! Aujourd’hui, tout le monde a accès à tout, tout de suite. Je fais un atelier de musique improvisée avec des adolescents, et tu te rends compte que les gosses connaissent tout, tout de suite. Des disques que tu as mis quinze ans à choper, pour eux, c’est évident. Ils connaissent tout, avec aucune approche historique des choses. Il y a une mise à plat générale qui fait que tout se dissout dans tout ; cette mise à plat fait qu’on perd du discernement en tant qu’artiste, en tant que jeune musicien. C’est très difficile de voir comment les choses se sont faites, et c’est pour ça qu’il y a une profusion de disques qui jouent avec ça… Il y a de ça dans Santogold, qui est très populaire. Elle est américaine, et un morceau sera de la pop anglaise des années 90, un autre sera une copie d’un morceau de Siouxsie, pur plagiat de A à Z, les mêmes notes, les mêmes sons, les mêmes voix, et tu as le morceau grime à la fin. C’est un exercice de style ; avant, les gens étaient beaucoup plus définis. J’aime ce brassage, ce bordel, mais ça contribue aussi à brouiller les pistes…

*J’ai l’impression qu’il y a dix ans, il y avait déjà ce phénomène, des disques avec des morceaux rap, électro, rock…

Oui, mais c’était dans le domaine grand public. Cette distinction domaine grand public / indé, elle tend à disparaître, et c’est relativement nouveau, aussi parce que le système a fait que… Les labels indés, les petits labels, ils vendent que dalle, les mecs font des CD-R chez eux, ça existe, ça existera. Les majors, ça existe encore. Mais tous les labels moyens, qui étaient des viviers, dans lesquels tu pouvais puiser, qui étaient très marqués musicalement, avec une identité très forte, ils ont disparu. Bien sûr, Warp existe encore, mais ça n’est pas sur Warp que tu vas découvrir des choses. Le label sur lequel on est avec dDamage, Tsunami Addiction, c’est la lutte pour exister, ou alors tu passes à la vitesse supérieure et tu joues dans le camp des faux indés, des majors… Mais le côté moyen n’existe plus, et ça se ressent dans la musique, on est à une époque qui a inventé la variété indé. Quand tu vois les couvertures des Inrocks, les trois quarts, c’est de la soupe, c’est juste que l’on a dit que c’était sur un label indé. Quand tu vois les découvertes, les tendances, c’est souvent des pures merdes, c’est de la soupe indé, c’est une invention de notre époque. On a niqué tous les indés, on a pris des mecs qui font de la soupe, on a marqué « indé » dessus, et on a dit : « Vous voyez, ça existe encore ! »

*Tu peux nous en dire plus sur cet atelier avec des ados, Broken Music ?

C’est la villa Noailles à Hyères qui m’a contacté parce qu’ils voulaient faire un atelier de DJ. Donc je leur ai dit que je n’étais pas du tout DJ, mais qu’on pouvait faire autre chose s’ils avaient du matériel, donc j’ai pris un angle à la Christian Marclay, ces gens qui travaillent avec le vinyle, qui le dénaturent, et qui essaient de faire de la musique concrète avec, et je leur ai proposé de le faire avec des ados, et ça a super bien marché.

 

*Comment ça se passe ?

C’est une sorte d’orchestre de platines… Il y a huit platines, et quand tu as huit platines qui jouent des disques différents, des gosses qui font des bruits de singes dans un micro, ça donne un bordel pas possible. L’idée, c’est de leur montrer qu’on peut faire de la musique même si on n’a pas d’instruments, c’est de développer le DIY, le bricolage, un rapport physique à un objet qui semble être figé, voir comment on peut le dénaturer. C’est aussi bousculer les a priori sur ce qui est musical et ce qui ne l’est pas.

Quand tu es face à des gosses et que tu leur demandes de faire du bordel, ils sont contents de faire du bordel. Du bordel très libre, et tu leur dis de continuer, en plus on l’enregistre et on va le réécouter. Ils sont à fond, et d’un truc qui normalement les aurait défrisés, ils se retrouvent à être très attentifs, et rapidement ils essaient de faire bien les choses. C’est ça qui est chouette, et ils se rendent compte que ça n’est pas en rythme, que ça peut être bancal, casse-gueule, que ça peut casser les oreilles, mais que même ça on peut essayer de le faire bien.

 

 

Une conversation parue dans le Maelström papier #6 * Hypo : www.hypomusic.net * Écouter et télécharger légalement Hypo : http://hypo.bandcamp.com/ * Hypo et les enfants : www.hypomusic.net/workshop01.html * Nouvel album disponible, sorti chez Tsunami Addiction, Coco Douleur, mars 2010.