Gil Scott-Heron X Nazem

Se vivre entier

 

Gil Scott-Heron et Karim Nazem n’ont pas forcément de rapport entre eux.

Gil apparaît dans un clip onirique et mis en image par le fameux Chris Cunningham, pour illustrer le morceau New York is killing me ; pendant ce temps, Karim Nazem sort son premier album, A l’horizon des [Mo]. Gil a fait un retour remarqué avec un très bon disque cette année, il a même donné un concert en France en mai dernier. Karim Nazem a été compagnon de scène de Rocé, et récent partenaire du rappeur LMNO pour le titre Different borders de son album produit par le français Yann Kesz. Gil a été donné pour mort plusieurs fois, il est toujours là et c’est tant mieux.

 


Il y a quelques années, voire quelques lustres, Karim Nazem a enregistré plusieurs morceaux que personne n’écoutera jamais, dont Habité par deux mondes Se vivre entier. Un couplet était sur une cassette promotionnelle du groupe Kojak, puis sur une obscure compilation. Une version de ce morceau avec plusieurs couplets existe, sur un CDR, quelque part. Se vivre entier est produit par DJ Vas, peu avant que son groupe, Kojak, ne devienne sa principale préoccupation. Il sample le morceau Rivers of my fathers, de Scott-Heron, quelques notes pour un morceau de rap unique (à partir de la seconde 46).

 

 


UPDATE > 21.02.2013

« C’était un après midi du mois d’avril 1998.
J’écrivais dans le studio de Jiwee, je me souviens encore que les mots se cachaient et s’enfuyaient à mon approche.
DJ Vas venait nous rendre visite.
Il nous fit écouter son dernier projet Caps.
J’aimais l’ensemble, cependant, une musique résonna en moi ; comme une évidence.
Comme si je l’avais toujours connu, je la reconnaissais.
Elle contenait un sample de Gil Scott Heron, Rivers of my father.
Sans un mot, je me suis mis en retrait dans une autre pièce.
Pour trouver ma note, à la façon d’un musicien qui cherche la sienne dans un ensemble.

J’ai rappé mon texte Se vivre entier, et c’était outrageusement évident. Tout coïncidait parfaitement. Le propos, les harmonies, le beat.
J’étais en équilibre entre breakbeat et mélodie, entre terre et ciel.
Je me souviens que DJ Vas, avait débarqué dans la pièce
où je me trouvais en me demandant : « Eh ! C’est quoi ce truc de ouf ?!! »
Il m’avait entendu m’essayer. Lui aussi avait compris.
La semaine suivante nous enregistrions Se vivre entier. »

Karim Nazem