Glen Friedman #Capturingaculture

Glen E Friedman

Skate, rock, rap,
cultures & business

 

Glen Friedman a photographié les skateurs dans les années 70. La culture émergeait et les chères têtes blondes n’avaient pas encore fait leur crise d’adolescence. Ça balbutie, ça essaie et ça tombe, pendant que Friedman regarde et constitue une banque d’images. Il a capté l’importance de ce mouvement californien, et sent que ça va devenir important. Il n’a pas encore 20 ans.

Il collabore avec la presse papier, le skate devient un business, plus sérieux, l’originalité et la fraîcheur flétrissent, la source se tarit, un peu. Glen n’est plus le seul sur le coup, il bifurque.

 

Et survint le hardcore. Rock brut et blanc, simple, bruyant, aux messages clairs, tranchés et tranchants. Les guitares saturées hurlent et fédèrent, tout comme le skate a pu le faire en son temps. Minor Threat, Black Flag et Bad Brains en tête.

Groupes de lycée, teenagers de basement, ils emmènent la musique ailleurs, ils lui donnent une nouvelle direction, un nouveau son. Glen les surprend, pénètre leur intimité et les capture. Il s’approche au plus près, slam pour une meilleure photo et les immortalise, en transe, un micro à la main en train d’invectiver les foules, et défendre l’idéologie straight-edge (pas tous hein, ça reste du rock).

Comme il l’explique, c’est naturellement qu’il publiera ces photos de groupes dans les magazines de skate. Un lien qui deviendra indéfectible.

 

Et quand le hardcore sort de l’underground, et que le public commence à se tatouer le logo Black Flag – 😉 – Friedman s’éloigne. L’archiviste opportuniste vire de bord, car il sent que les basses de New York sont de plus en plus vrombissantes. 

Les Afro-Américains investissent les rues pour des block parties endiablées depuis quelques temps, mais c’est la deuxième génération qui fera parler d’elle. Exit les chansons mièvres et les rythmes funky, le hip hop se radicalise et laisse sa place au rap. Ils sont jeunes et fougueux, ils ont la dalle et veulent de l’espace, des dollars et foutre la merde. Le jeune rappeur veut secouer l’Amérique conservatrice et saigner l’industrie du disque.

Public Eneny, Ice T, LL Cool J, King Tee, Friedman est là, boîtiers en bandoulière et immortalise. La postérité n’est pas loin, elle passera par les magazine de rock, qui se doivent d’annoncer clairement la couleur : elle est noire, elle vient du ghetto et elle rappe fort. Glen Friedman est celui qui sait, et qui le fera savoir.

 

Des petits flims de Marc-Aurèle Vecchione, réalisateur de Star.